"L'alimentation est notre première médecine..." Hippocrate


Quel lien entre alimentation et santé ?

Hippocrate, médecin grec de l'Antiquité (5e siècle av. J.-C.), avait affirmé la primauté de l'alimentation dans la santé : « Que ton alimentation soit ta première médecine ». Les rythmes de vie accélérés de nos sociétés modernes incitent aujourd'hui à la consommation d'une nourriture rapide, réchauffée au micro-ondes, déjà préparée et prête à l'emploi.
Graisses, sucres, adjuvants et colorants, pesticides, sont plus présents que jamais dans les alimentations et les pathologies se multiplient : obésités, diabètes, anorexies, boulimies, cancers, dépressions, maladies d'Alzheimer et Parkinson, troubles cardio-vasculaires, troubles gastriques...


Le choix d'une prise de conscience personnelle et réfléchie

Seule une véritable prise de conscience réfléchie peut permettre la transition et le passage définitif à une alimentation convenant à nos envies, notre éthique, notre organisme et notre mode de vie. Le premier choix est avant tout de se donner un temps pour s'informer et se faire conseiller par des professionnels.
La frustration et le sentiment de devoir, pour être en bonne santé, se priver de ce que l'on aime sont des obstacles majeurs. Or les goûts et les saveurs sont infinies, et un changement de nos habitudes, une réduction des graisses et des sucres, peuvent aussi nous entraîner vers un autre réel plaisir de manger au quotidien, une sensation physique de bien-être nouvelle et insoupçonnée.
La qualité du sommeil, l'équilibre psychique et physique et l'énergie retrouvée qui découlent d'une bonne alimentation, seront aussi de précieux alliés dans ce changement.


De la quantité... à la qualité !

Le changement d'alimentation vers l'équilibre et les produits sains peut nous faire découvrir de nouvelles céréales et légumineuses, de nouvelles saveurs, de nouvelles odeurs et de nouvelles compositions de nos mets.
En réduisant notre quantité de viande et de produits laitiers, dont la surconsommation a un coût tant pour notre santé, que pour notre budget et pour la planète, nous pouvons également trouver les moyens matériels d'assumer de nouveaux choix d'alimentation biologique et locale. Il y a là l'occasion de retrouver le goût authentique et sain des légumes et des fruits issus de l'agroécologie, d’être surpris par de nouveaux goûts, pour évoluer dans une cuisine créative, savoureuse et énergisante.


Alimentations... émotions... et relations...

L'alimentation est étroitement liée à nos émotions. Les pathologies compulsives d'anorexie et de boulimie témoignent de l'angoisse et du stress de nos sociétés modernes, d'habitudes et de modes de comportements inadaptés aux besoins des individus ; les jeunes gens sont encore plus fragiles.
Le changement d'alimentation est trop souvent envisagé comme synonyme de frustration, manque, de perte de temps, de coût excessif.
Comment changer de logique ?


Se faire conseiller, accompagner et aider

Ce chemin est souvent difficile à parcourir seul dans un premier temps.
Après l'information et les conseils préalables par les professionnels, un accompagnement dans ces temps de transition est souvent utile pour un vrai changement, heureux et dans la durée, de nos habitudes, à trouver selon la personnalité de chacun .


Interview du Dr Didier CHOS , Président de l'Institut Européen de Diététique et de Micronutrition (IEDM)

 

Plus de 3000 professionnels de la santé utilisent aujourd’hui la micronutrition dans leur pratique.

Comment l’expliquez-vous ? 

Didier CHOS : La micronutrition en 1990 a comblé un vide dans les outils thérapeutiques du médecin ; pendant son apprentissage universitaire, le médecin est peu formé dans le domaine de la nutrition, et seuls ceux qui ont suivi un Diplôme Universitaire sont à même de proposer des conseils alimentaires à leurs patients. Le médecin nutritionniste s’est souvent spécialisé dans le domaine du surpoids et parfois de manière exclusive.

La micronutrition a élargi le cadre du conseil alimentaire à tous les domaines de la médecine, et s’est révélée particulièrement pertinente dans les troubles fonctionnels, que la médecine allopathique ne sait pas bien traiter.

 

De quoi s’agit-il exactement ?

Didier CHOS : Il faut savoir que dans 80% des situations de consultation quotidienne chez le médecin, les patients ne sont pas « encore » malades ; soit ils présentent des facteurs de risque susceptibles de se décompenser en pathologies (cardiovasculaires…), soit ils souffrent de perturbations fonctionnelles, mal étiquetées, parfois très invalidantes : parmi celles-ci la fatigue chronique, les troubles de l’humeur et du sommeil, les troubles fonctionnels digestifs, les infections à répétition, les douleurs musculo-squelettiques, les problèmes cutanés et circulatoires.

Certains patients présentent également des perturbations complexes, à mis chemin entre les troubles fonctionnels et la maladie, parmi lesquelles la fibromyalgie, le syndrome de fatigue chronique, la spasmophilie font partie ; aujourd’hui les gastro-entérologues spécialisés en neuro-gastro-entérologie, élargissent le cadre du syndrome de l’intestin irritable à un trouble fonctionnel multi-causal, et certains le considèrent comme une « maladie inflammatoire » de faible intensité. Toutes ces situations ne bénéficient pas de protocoles consensuels. Face à ces problématiques de santé, qu’il s’agisse d’une démarche de prévention, d’amélioration de la qualité de vie ou de prise en charge des troubles fonctionnels, les traitements conventionnels anti-symptomatiques ne sont pas satisfaisants. La micronutrition apporte des solutions complémentaires, avec des conseils en santé centrés sur l’alimentation, complétés par une complémentation micronutritionnelle adaptée au besoin de chacun des patients.

 

Pourquoi faire appel à professionnel de santé pour la prise de compléments alimentaires ?

Didier CHOS : Pendant longtemps, le complément alimentaire a été consommé en auto-médication. Cette pratique est contestée par la nutrition officielle en France qui considère que la prise de compléments anarchique est potentiellement dangereuse en particulier pour certains ingrédients à doses excessives. Il est vrai qu’il ne sert à rien de prendre des vitamines, minéraux, omégas 3 ou encore des probiotiques s’ils ne correspondent pas à un besoin clairement identifié. La prise de compléments alimentaires n’est pas anodine, pour être efficaces, ils doivent être prescrits, conseillés de manière individualisée. Nous sommes par ailleurs de plus en plus sensibilisés à l’importance d’un usage écologique des produits de santé, respectueux de la physiologie de l’organisme. Aujourd’hui, la prise excessive des médications chimiques commence à être dénoncée, et toutes les familles sont pointées du doigt : à titre d’exemples, les antibiotiques c’est plus automatique, la France est devenue championne du monde dans la consommation des psychotropes, les anti-inflammatoires de nouvelle génération s’avèrent dangereux, l’utilisation des traitements hormonaux substitutifs doivent être minutieusement soupesés. Savoir que dans certaines situations, on peut utiliser efficacement des produits naturels de micronutrition ou encore de phytothérapie par exemple, est une avancée importante pour les patients.

 

Et si je souhaite consulter un spécialiste, compétent en micronutrition ? Comment faire ?

Didier CHOS : Les professionnels compétents en micronutrition sont aujourd’hui fédérés au sein de l’IEDM.

L’IEDM forme depuis 1997 des professionnels de la santé, avec le développement et la formation aux outils de diagnostic (questionnaires, explorations biologiques).

En 2000, a été créé le diplôme Universitaire d’Alimentation Santé et Micronutrition à la Faculté de Médecine de Dijon, avec lequel nous sommes partenaires ; il a déjà accueilli plus de 800 étudiants.